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L’alimentation du jeune enfant (de 6 mois à 3 ans)

enfants

Auteurs :

  • LALAU Jean-Daniel (Pr – Médecin nutritionniste)
  • Equipe Offre Prévention de la Mutualité Française

 

L’essentiel de l’alimentation du jeune enfant

Le sevrage d’un enfant peut se faire à partir de l’âge de 6 mois. Les parents commencent alors à diversifier l’alimentation de l’enfant en gardant une base lactée importante. Cette période de transition se fait de manière progressive, en respectant le rythme de l’enfant, et sans le forcer. Une attention particulière est portée aux aliments présentant des allergènes.

Vers 2 ans, l’enfant commence à refuser certains aliments. Il se méfie en effet des nouveaux mets qu’il ne connaît pas et refuse les aliments qu’il apprécie le moins, souvent les légumes. Les parents entrent alors dans un processus de familiarisation de l’enfant avec ces aliments.

Pourquoi et comment diversifier l’alimentation du jeune enfant ?

À partir du 6e mois de l’enfant, les parents commencent à diversifier son alimentation. Ils introduisent progressivement des fruits et des légumes tout en maintenant un apport lacté pour lutter contre les carences. La diversification alimentaire est une étape essentielle pour le développement de l’enfant.

La diversification alimentaire est indispensable à la transition vers un menu de type adulte. Elle contribue également à la construction du goût chez l’enfant.
Avant l’âge de 6 mois, le nourrisson ne consomme que du lait. Puis, les parents commencent à diversifier l’alimentation de l’enfant. Le sevrage doit être progressif. Les parents continuent cependant à apporter à l’enfant une part d’alimentation lactée pendant la période de diversification, soit l’équivalent d’environ 500 ml de lait par jour. Cela permet de lutter contre la carence en fer des jeunes enfants, et de leur donner une supplémentation systématique en vitamine D.

Dans la démarche de diversification alimentaire de l’enfant, il est important de tenir compte de son rythme et de ne pas le forcer. Les adultes procèdent à un changement à la fois, en lui donnant un fruit ou un légume, sans les mélanger. La cuisson est effectuée à l’eau ou à la vapeur, sans ajout de sel, et les légumes sont mixés.

La période de diversification alimentaire est très importante pour l’enfant, car elle lui permet de s’ouvrir au monde en découvrant les différents goûts. De plus, elle aide l’enfant à acquérir des rythmes alimentaires et à intégrer des comportements sociaux.

Certains aliments, peu digestes pour l’enfant, sont à éviter. C’est notamment le cas des légumes riches en fibres, comme la partie verte des poireaux ou les salsifis. Quant aux matières grasses ajoutées, on n’en donne jamais à l’enfant avant l’âge de 6 mois. À partir du 6e mois, ses parents choisissent pour lui des matières grasses végétales, comme l’huile de colza, l’huile d’olive ou l’huile de tournesol. Une cuillère à café d’huile et une noisette de beurre peuvent agrémenter son menu, à chaque repas.

Une attention particulière est recommandée concernant les aliments allergisants.

 

Comment faire face à la période de refus du jeune enfant ?

Vers l’âge de 2 ans, l’enfant commence à refuser certains aliments. Il s’agit le plus souvent des fruits, des légumes ou des aliments nouveaux pour lui. Ses parents peuvent alors mettre en place des stratégies de familiarisation de l’enfant avec les aliments faisant l’objet d’un rejet.

La période du refus commence vers l’âge de 2 ans. Elle peut se prolonger jusqu’à l’âge de 6-7 ans. L’enfant refuse souvent les légumes, les fruits, ainsi que les produits nouveaux (on appelle cela la « néophobie »).

Pour l’aider à surmonter cette attitude de rejet, les parents peuvent adopter deux procédés :

  • la familiarisation à court terme : il s’agit de développer le nombre de contacts entre l’enfant et l’aliment avant la présentation d’une assiette et sa consommation. Ainsi, les parents peuvent l’acheter et le préparer avec l’enfant, afin de le familiariser avec le mets dont il se méfie ;
  • la familiarisation à moyen terme : il s’agit de répéter la consommation du produit dans le temps. La démarche est parfois difficile, car les parents présentent à l’enfant parfois dix à quinze bouchées avant que celui-ci ne commence à consommer l’aliment de bonne grâce. Certains parents se découragent, et abandonnent. Mais le contexte est important : plus les adultes font cette démarche dans une atmosphère chaleureuse, affectueuse, plus il y a de chance que l’enfant accepte de consommer le produit, voire finisse par y trouver du plaisir.

Un enfant ne mange pas uniquement pour se nourrir. Il arrive qu’il réclame de la nourriture surtout parce qu’il souhaite que ses parents s’occupent de lui, le cajolent… C’est, pour lui, un moyen de communiquer. En cas de refus de manger, la signification est un peu la même : ce n’est pas forcément parce que les aliments ne lui plaisent pas, mais parce qu’il a envie de s’exprimer à sa manière, en manifestant son opposition. Il est important pour ses parents de savoir décoder ses souhaits et ses refus, de prendre le temps en étant attentifs et observateurs.

 

Références & sources

Institut National de Prévention et d’Éducation pour la Santé (INPES).

European food information council (EUFIC)

mutweb