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Savoir… Pouvoir… Dire NON à nos enfants

unhappy child

Auteurs :

  • MARIE-MAGDELAINE Cécile (Diététicienne)
  • Equipe Offre Prévention de la Mutualité Française

 

Dans notre travail, à un moment donné il faut dire les choses. Bien sûr il y a la manière de le dire, sans faire culpabiliser les personnes, en employant un ton juste, en amenant les gens à l’évidence, sans les braquer….pas facile, mais nécessaire.

Ces derniers temps, lors de consultations et d’ateliers en éducation thérapeutique auprès d’enfants en surpoids, j’ai noté combien il était difficile à de nombreux parents de dire NON à leurs enfants, pour tout ce qui est alimentaire. Et pourtant une partie des solutions à mettre en place passaient par ce NON. Savoir….pouvoir….le dire , c’est compliqué ; si cela avait été simple, une partie du problème serait déjà réglé sans nous.

 

Savoir… Pouvoir… Dire NON à nos enfants

Pour un parent, savoir dire les choses à son enfant, ou s’en donner les pouvoirs, ou être en capacité de le faire…cela reste compliqué quand on est sur un terrain glissant comme la nourriture. C’est un lien très fort à notre enfant, la nourriture, depuis sa naissance ; alors devoir dire NON maintenant….est ce qu’il nous aimera moins….est ce qu’il pensera qu’on ne l’aime plus assez pour le priver de nourriture ? Parce que c’est ce sentiment là que ressentent maintes parents : le sentiment de mal aimer, de le priver d’une des choses qu’on peut lui offrir : de l’amour et de la nourriture. Un proverbe dit « Qui aime bien, nourrit bien » …mais c’est quoi « bien nourrir » son enfant ; est ce lui donner tout ce qu’il demande, remplir les placards de biscuits et bonbons à sa disposition, lui donner à manger à chaque fois qu’il le demande, donner des confiseries en récompense à chaque bonne action ? Des exemples comme ceux-là, j’en ai encore d’autres mais ils ne sont pas le fruit de mon imagination de diet ; ce sont belle et bien des propos que m’ont rapportés des parents, lorsque l’on discute, pour savoir comment cela se passe à la maison. Je ne perds jamais de vue que le but est d’aider ; et pour aider et proposer des idées à tester, j’ai besoin de comprendre de quelle situation nous partons. Les modifications se font progressivement ; tout ne peut pas être géré en une seule fois, le plus urgent prime et les objectifs s’étalent dans le temps.

Pour ces enfants qui se servent seuls, qui mange tout ce qu’ils veulent sans incitation ou « cadre » des parents, voir qui mènent leur petit monde à la baguette…dire un NON de temps en temps leur permettra de se rappeler que ce n’est pas lui l’adulte, et que ce sont ses parents qui savent ce qui est bon pour lui…..le fameux « nourrit bien ».

On ne peut pas laisser un enfant de 3 ans manger 100g de viande par jour ni un autre aller à son grès dans le placard  chercher des biscuits et bonbons qu’il mange à longueur de journée. Il y a bien des chances pour qu’il les mange par habitude, par ennuie…mais aussi quand la faim commence à s’installer avant les repas et le sucre ingéré aura un effet coupe faim radical….et, oh surprise, « il ne mange rien à table ; alors comme il ne mange pas ou peu à table je le laisse manger quand il veut ses petits gâteaux préférés…il se sert tout seul ». STOP. J’ai également vu de tel fonctionnement dans des familles lors de consultation pour stagnation de poids : des enfants de 2ans et demi ou trois ans qui consommaient du coca et des gâteaux à longueur de journée…et rien au moment des repas ; alors les parents les laissaient manger ce qu’ils voulaient, quand ils voulaient, justement parce qu’ils ne mangeaient rien au moment des repas. Si vous donnez  le choix entre des gâteaux et boisson sucrées, avec une purée de pomme de terre/ légume et une tranche de jambon….le choix est vite fait pour ce petit. Il faut casser ce fonctionnement. Que dire du croissant tous les matins parce qu’il refuse le pain….si on donne le choix à un groupe d’enfants, il y a de fortes chances pour qu’ils choisissent tous le croissant, et ce tous les matins. Là encore c’est aux parents de « diriger », de proposer mais en faisant les bons choix. Dire : « on arrête le croissant tous les matins » et on le garde pour le dimanche ou les jours de fête, ce n’est pas faire de mal à son enfant. Acheter moins de biscuits et de bonbons, reprendre la main sur la distribution et en donner de temps en temps, pour le côté « gourmand », ce n’est pas le priver d’amour. C’est juste limiter un aliment qui, en surconsommation, lui fait du mal (c’est la même chose pour les adultes !). Bien au contraire, vous prenez soin de sa santé. On peut remplacer un bonbon ou gâteau par un autre moment d’attention, un câlin au fond du canapé, une petite blague, un petit jeu de 5 mn, des échanges sur la journée….les marques d’affection sont multiples et remplir le petits becs de nos oisillons doit être fait dans de bonnes mesures.

Si ces mots vous touchent parce que vous êtes dans cette situation, je vous invite à « reprendre les rênes »….parce que le chef de file, c’est vous. Au pire, votre enfant boudera un peu, vous fera du chantage affectif voir même du chantage pendant les repas mais cela ne durera pas parce que vous « tiendrez bon » et qu’il aura vite compris que les règles ont changé à la maison. Mais il faut aussi lui expliquer que vous pensiez faire bien mais, que, en fin de compte, toute personne qui mange des bonbons, gâteaux, fromages …en grande quantité « ne fait pas de bien à son corps ». « Au lieu d’un gâteau devant la télé je te propose un câlin tous les deux ou une petite partie de mille bornes…ça me ferait plaisir de passer un bon moment avec toi »...et voilà, le tour est joué ! Les sous mis de côté peuvent servir à acheter quelques jeux de société ou payer une place de cinéma. C’est une remarque que m’a fait récemment une maman qui était dans cette situation : quand nous avons vus ce qui pouvait être changé sur les aliments donnés au petit déjeuner et goûter, elle a vu de suite les économies qu’elle pourrait faire, tout en mettant en place une alimentation plus adaptée aux besoins de son enfant….et en gardant quelques petits aliments plaisir, mais de temps en temps.

J’espère avoir apporté quelques idées à exploiter aux parents dans cette situation….n’hésitez pas à nous adresser vos questions, aussi simples soient elles.
Il n’y a aucune mauvaise question ; le fait de vous interroger est déjà un pas en avant.

Je vous souhaite une bonne journée à tous
et de doux moments de câlins avec vos petits.

 

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