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Post-confinement : je modifie moi-même mon alimentation (1/4)

Auteurs :

  • MARIE-MAGDELAINE Cécile (Diététicienne)

 

Le surpoids et l’obésité pèsent lourds

Sans jeu de mots, puisqu’il s’agit plutôt de maux. Lourds à porter pour les personnes concernées, pas si simples à traiter. Lourds dans les objectifs de vente de l’industrie agro-alimentaire et lourds pour notre système de santé qui assure les frais des problèmes sanitaires qui y sont liés. Un seul reproche de ma part, notre système de santé n’aide pas les personnes concernées à la base : la consultation avec un diététicien n’est pas prise en charge par la sécurité sociale, et ce, quelle que soit la pathologie. Seules quelques mutuelles le font, avec un nombre de consultations bien souvent limité.

En cours d’hospitalisation, le surpoids et l’obésité peuvent être pris en charge par le service diététique, en fonction des demandes.

 

Prendre en charge le surpoids et l’obésité : c’est une excellente idée, mais est ce que toutes les personnes concernées le désirent ?

Pas sûr : certains vivent bien cet état et ne veulent surtout rien changer (n’y voyez aucune critique de ma part). C’est leur libre choix, il faut le respecter. Peut-être appréhendent-ils les changements alimentaires que l’on risque de leur proposer ? C’est vrai, après tout, une diététicienne c’est fait pour mettre au « régime sec » ! Et si on vous proposait simplement de manger « mieux », en adaptant les apports, en limitant les excès tout en gardant une alimentation équilibrée et des petits plaisirs alimentaires ? Adieu les régimes à 1000 ou 1200 kcal, les régimes « soupe au choux » ou « hyper protéinés » … Adieu au mot « régime », tout simplement. Cela vous tente ?

Au pire, que risquez-vous à essayer ? Rien. Vous ne risquez rien, à part vous réconcilier avec la nourriture, les bons repas, les invitations, et votre petit corps !

 

Si le surpoids et l’obésité sont dus à une alimentation excessive, le retour à une alimentation adaptée, normocalorique, avec un peu d’activité physique en parallèle, sont juste nécessaires… et rien de plus

Petite anecdote : il y a quelques semaines, on m’a demandé de voir en consultation une patiente qui avait perdu du poids depuis son hospitalisation. Patiente plus qu’en surpoids qui m’a accueillie un peu froidement quand je suis rentrée dans sa chambre après la petite présentation d’usage. Je peinais à obtenir les informations, savoir comment elle mangeait au domicile …elle me disait qu’à l’hôpital elle ne mangeait que ce qu’elle aimait et finit par me dire que la nourriture n’était pas la même que chez elle. Ce qui est une évidence puisque nous faisons de la cuisine collective et que la patiente faisait une petite popote maison pour elle et son époux. Donc rien de comparable, même si nos cuisiniers font tout ce qu’ils peuvent pour servir de bons repas avec toutes les contraintes liées à l’activité de l’établissement et aux patients. Mais à force de questions sur les plats qu’elle aimait manger chez elle, j’ai fini par savoir qu’il y avait de la charcuterie à presque tous les repas, du « gras double », des tripes, du fromage, etc. J’ai enfin compris d’où venait la perte de poids : elle avait une alimentation bien plus équilibrée et moins riche qu’au domicile. Le surpoids était en train de prendre la poudre d’escampette !

Des exemples comme celui-ci, je pourrais vous en donner des pages entières. Mais l’expérience et mes convictions me permettent de vous affirmer qu’un retour vers une alimentation équilibrée est une bien meilleure solution que les régimes restrictifs. Bien plus facile à vivre, à mettre en place ; elle ne rompt pas le lien social qui se crée autour du repas et ne fait pas de trou dans votre budget. Manger devient un plaisir et non un souci, puisque cela vous aide alors à retrouver un bien être. Ajoutons-y un peu d’activité physique, ce sera idéal !

 

Il n’y a pas de remède miracle en alimentation

Il peut être long de perdre du poids en excès et nous devenons trop impatients. Modifier notre alimentation prend du temps. Il ne faut pas confondre « cote de popularité », « coût financier » et « efficacité ». Ce qui est rapide et/ou cher n’est pas forcement efficace.

Vous n’avez pas d’engagement financier à prévoir, pas de sachets à manger, pas d’aliments à refuser, pas de belle promesse de perte de poids à tenir, pas de compte à rendre, pas de courses plus chères…. Juste équilibrer et adapter vos repas, sans oublier un minimum de dépense physique (30 mn de marche par jour, c’est un bon début). Et puis être patient ! Tous les individus ne perdent pas de poids de la même manière, ni à la même vitesse, alors ne vous comparez avec la voisine, la copine ou la collègue.