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Pollution et santé

Auteurs :

  • PERRIN Philippe (Eco-infirmier)
  • Equipe Offre Prévention de la Mutualité Française

 

L’essentiel

Nous sommes quotidiennement exposés à des doses de substances polluantes tout au long de notre journée dans notre lieu d’habitation, sur notre lieu de travail, de vacances, dans la rue… Plus rarement exposé à des doses massives de polluants et victime d’intoxication aiguë, de nos jours l’homme moderne est soumis à une exposition chronique d’un mélange de faibles doses de substances polluantes. Cela peut avoir de graves conséquences sur sa santé mais aussi sur son environnement.

Les polluants n’ont pas les mêmes effets sur tous et sont donc difficilement étudiables.  Ces effets dépendent de l’âge, du sexe, de l’état de santé, de la sensibilité de la personne à un polluant, de la durée d’exposition à un niveau donné mais aussi de l’interaction des composés polluants entre eux (combinaison des particules en suspension avec les pollens ou les spores fongiques par exemple)…

Une attention particulière doit être portée aux populations les plus fragiles que sont les femmes enceintes, les enfants, les personnes âgées et les personnes présentant une maladie respiratoire ou cardiovasculaire.

 

Substances polluantes de l’eau et effets sur la santé

Principales substances polluantes de l’eau de boisson

En France, la qualité de l’eau est rigoureusement contrôlée, évitant les intoxications aiguës dues à la présence de fortes concentrations de polluants. Néanmoins, des cocktails de substances soupçonnées d’être néfastes pour notre santé sont présents dans nos eaux de boisson ou de baignade à de faibles concentrations, nous exposant à des “effets cocktail”. En 2013, une enquête de l’association 60 millions de consommateurs, en partenariat avec la fondation France Libertés, a révélé des traces de biocides et de médicaments dans l’eau du robinet de plusieurs départements.

Parmi ces substances polluantes, nous retrouvons des traces ou de petites quantités des polluants ci-dessous.

  • L’aluminium suspecté de favoriser les maladies neurodégénératives telles que la maladie de Parkinson et la maladie d’Alzheimer. Les sulfates et les chlorures d’aluminium sont utilisés par certaines agglomérations pour éliminer les particules organiques de l’eau car ce sont des substances efficaces et peu coûteuses. Dans certaines communes, la teneur en aluminium est 11 fois plus élevée que les normes autorisées. Certaines villes, comme Paris, on remplacé les sels d’aluminium par du chlorure ferrique, moins toxique. 
  • Des bactéries qui provoquent des troubles intestinaux parfois très graves chez des personnes fragiles. La présence de bactéries est essentiellement due à un défaut de désinfection de l’eau (dosage de chlore insuffisant par exemple) ou à des canalisations endommagées. 
  • Des médicaments. Des cocktails de faibles doses d’œstrogènes et de médicaments utilisés dans la chimiothérapie sont retrouvés dans l’eau du robinet voire dans certaines eaux en bouteille. Peu d’études existent sur les impacts sur la santé humaine. Les scientifiques redoutent “l’effet cocktail”. Déjà, des effets ont été observés dans les écosystèmes aquatiques comme une féminisation de certaines espèces de poissons, d’escargots ou de grenouilles. 
  • Des métaux lourds : le plomb, le cadmium, le nickel, le mercure, le chrome… Ces substances sont soupçonnées, selon les cas, de provoquer des troubles respiratoires et digestifs, des troubles nerveux et des réactions cutanées. Le chrome et le nickel sont soupçonnés d’être cancérigènes. 
  • Des nitrates. Transformés en nitrites par l’organisme, ils entravent le transport de l’oxygène par les globules rouges et sont responsables de la maladie bleu des nourrissons. Lorsqu’ils sont associés à certains pesticides, ces nitrites seraient cancérigènes, même à très faible dose. Les nitrosamines issues de la transformation des nitrates seraient cancérigènes.  
  • Des pesticides qui sont suspectés, pour plusieurs d’entre eux, d’être cancérigènes (ils provoquent des leucémies notamment), reprotoxiques et mutagènes. Ils provoquent également des troubles du système nerveux. Les scientifiques craignent surtout les effets de l’exposition à long terme et l’effet cocktail par mélange de plusieurs pesticides. 
  • La radioactivité dont la présence est directement liée à l’existence, dans certaines régions d’un sous-sol granitique riche en composés radioactifs. La présence de radioactivité dans l’eau de boisson est faible et aucune étude n’a pu faire le lien avec les cancers du système digestif. 
  • La sélénium, composé toxique des roches profondes, dont les effets sur la santé humaine n’ont jamais pu être évalués du fait des trop faibles concentrations auxquelles est soumise la population.

Les substances toxiques évoquées ci-dessus sont ingérées avec l’eau de boisson mais se retrouvent également dans nos assiettes car, difficilement biodégradables pour certaines, elles polluent les écosystèmes, les cultures, les rivières… et peuvent perdurer longtemps dans les ressources alimentaires. C’est par exemple le cas des polychlorobiphényles PCB pourtant interdits en France depuis 1987, qui continuent à imprégner certains poissons d’eau douce ou d’eau de mer.

Principales substances polluantes des eaux de baignade

  • La pollution microbiologique principalement due aux débordements des réseaux d’eaux usées en cas de fortes précipitations, aux mauvais raccordements d’habitations au réseau d’assainissement, aux rejets des stations d’épuration ou aux déjections animales… Au-delà d’une certaine concentration d’agents pathogènes peuvent apparaître des pathologies de la sphère ORL, des irritations des yeux, des maladies du système digestif… 
  • Les algues microscopiques qui se développent en mer comme en eau douce, faisant parfois varier la couleur de l’eau (brune, bleu, verte ou rouge). Cette prolifération est souvent due au changement de la qualité de l’eau (enrichissement en phosphore, azote…), à l’augmentation de la température et à une stagnation de l’eau… Certaines algues peuvent produire des toxines toxiques pour les baigneurs par inhalation ou par le biais de la consommation de coquillages filtreurs. Certains troubles digestifs aigus peuvent apparaître, voire des atteintes neurologiques. C’est par exemple le cas des algues vertes en Bretagne.

 

Sources de pollution de l’eau

Les sources de pollution naturelle

L’érosion et la dissolution peuvent provoquer des pollutions des eaux de surface ou des eaux souterraines, notamment en métaux lourds comme le plomb, l’arsenic, le cuivre…

Les sources de pollution anthropiques

En France, la plus grande part de la pollution des eaux est due aux activités humaines.

  • L’agriculture et l’élevage intensifs rejettent, dans les eaux de surface et les nappes phréatiques des nitrates, des pesticides du phosphore et d’autres matières azotées (dus aux déjections animales par exemple), des métaux comme le zinc et le cuivre (utilisés pour enrichir l’alimentation animale), des résidus d’antibiotiques (utilisés pour soigner ou accélérer la croissance du bétail)… Beaucoup de ces polluants sont rejetés dans la nature car les systèmes pour les traiter sont très onéreux et pas toujours efficaces. 
  • L’industrie rejette beaucoup de résidus azotés, notamment l’industrie agroalimentaire, les fabricants d’engrais, les industries de traitement des métaux. 
  • Les particuliers, les sociétés privées et les collectivités sont également de grands utilisateurs de pesticides car ils traitent régulièrement jardins, bordures des axes routiers, voies de chemin de fer… 
  • Les médicaments dont les résidus sont de plus en plus présents dans les eaux de boisson et dans les écosystèmes. Il faut savoir que la France est un des plus gros consommateurs de médicaments au monde. Les résidus de médicaments (ou d’hormones œstroprogestatives dues aux pilules contraceptives par exemple) sont en effet rejetés dans les excréments et les urines des hommes et des animaux de compagnie ou d’élevage (pisciculture notamment). De plus, une fois leur traitement terminé, nombre de personnes jettent les médicaments restants dans les toilettes. Les rejets des hôpitaux sont particulièrement problématiques car contiennent des molécules toxiques comme des molécules utilisées dans le traitement des cancers ou des molécules radioactives. Les stations d’épuration n’étant pas conçues pour traiter ce genre de polluants, on peut en retrouver certains dans l’eau du robinet. 
  • Le réchauffement climatique provoque une acidification des mers et des océans sous l’effet des gaz à effet de serre ainsi que des pollutions bactériologiques (prolifération de bactéries, d’algues…) sous l’effet du réchauffement des eaux de surface. Cela provoque une libération de toxines qui altèrent la qualité des eaux de baignade et des poissons et produits de la mer. De plus, sous l’effet de la chaleur, l’eau des étendues d’eau fermées s’évapore et provoque une concentration des polluants. 
  • Les installations de distribution d’eau, et notamment les canalisations en plomb qui est un neurotoxique, et les canalisations fabriquées avec du polychlorure de vinyle (PVC) qui rejettent du chlorure de vinyle monomère, cancérigène avéré pour l’homme qui provoque des cancers du foie. Les canalisations en plomb ne sont plus autorisées à l’heure actuelle mais elles sont encore présentes dans les habitations des particuliers. Leur remplacement prend du temps. 

 

Se protéger des polluants de l’eau du robinet

Les alternatives à l’eau du robinet

Il est aujourd’hui admis que, sauf exception, l’eau du robinet convient à l’ensemble de la population (femmes enceintes et nourrissons compris). Certaines personnes privilégient toutefois les eaux embouteillées pour se protéger des polluants présents dans l’eau du robinet.

L’eau en bouteilles

On pourrait penser que l’eau en bouteilles est préférable pour éviter d’absorber les polluants chimiques ou bactériologiques de l’eau du robinet. En effet, dans certaines régions, les valeurs maximales tolérées pour les nitrates (50 mg/l) et pour l’aluminium (200 microg/l) peuvent souvent être dépassées. Les eaux de sources et minérales sont très contrôlées et les nitrates et l’aluminium sont le plus souvent absents de leur composition. Il faut toutefois relativiser et savoir que l’essentiel des contaminants (nitrates, pesticides, métaux lourds…) est absorbé dans l’alimentation solide. Attention, en 2013, une enquête de l’association 60 millions de consommateurs en partenariat avec la fondation France Libertés a révélé des traces de biocides et de médicaments dans l’eau du robinet de plusieurs départements ainsi que dans certaines eaux en bouteilles

De plus, à de rares exceptions, l’eau en bouteille présente un coût élevé pour le consommateur et a un impact négatif sur l’environnement.

Les bombonnes d’eau

La bombonne d’eau contient de l’eau de source ou de l’eau minérale. Sa qualité au robinet dépend de l’entretien de la machine, du système de filtration, de la fréquence à laquelle est tirée l’eau et donc du temps de stagnation de l’eau dans les canalisations et la bombonne. Il existe un risque faible de contamination de l’eau par les bactéries et une pollution de l’eau par des polluants chimiques (phtalates, bisphénol A (BPA), rejetés par les contenants plastiques).

Les carafes filtrantes et les filtres à poser sur les robinets

Les carafes filtrantes et les filtres à poser sur les robinets sont censés filtrer les métaux lourds comme le plomb, éliminer le calcaire (pour certains systèmes type carafe), le chlore et les produits issus de la chloration et aussi donnent un meilleur goût à l’eau. Il faut les changer régulièrement pour éviter leur dégradation et la prolifération des bactéries qui est augmentée par rapport à l’eau du robinet. Ce type d’appareillage peut être, dans des conditions strictes d’entretien et de changement de cartouche, un compromis intéressant entre l’eau du robinet et celle en bouteille. Une exception toutefois, en raison d’un risque microbiologique plus élevé; ces systèmes ne sont pas recommandés pour la préparation des biberons.

Attention toutefois, car la plupart de ces filtres contiennent des sels d’argent pour lutter contre le développement des bactéries qui peuvent être rejetées dans l’eau et aucune étude ne conclut à l’innocuité des sels d’argent sur la santé.

Pour atténuer le goût chloré de l’eau, il suffit de la placer une ½ heure au réfrigérateur, d’ajouter quelques feuilles de menthe ou quelques gouttes de citron. Enfin, il n’y a aucun bénéfice pour la santé à éliminer le calcaire de l’eau qui est du calcium.

Pour limiter la prolifération des bactéries, il est préférable de boire l’eau du robinet qui est de très bonne qualité en France sauf pour certaines catégories de la population particulièrement fragiles (les nourrissons par exemple) ou dans certaines communes où les valeurs limites des polluants sont régulièrement dépassées.

 

Les bons gestes pour se protéger des polluants

  • Pour connaître les niveaux de polluants présents dans l’eau de votre commune, vous pouvez consulter les résultats du contrôle sanitaire de la qualité de l’eau potable, commune par commune, sur le site Internet du ministère des Affaires sociales et de la Santé
  • Laisser couler l’eau du robinet quelques instants avant de la boire, surtout si l’eau a stagné dans les canalisations car vous rentrez de vacances par exemple.
  • Laisser l’eau s’oxygéner si elle a une odeur forte.
  • Ne pas proposer une eau dont la concentration en nitrates est comprise entre 50 et 100 mg/l aux femmes enceintes et aux nourrissons. Ne pas consommer ou utiliser pour un usage alimentaire une eau dont la concentration en nitrates est égale ou > à 100 mg/l.
  • Respecter les restrictions d’eau décidées par les autorités en cas de pollution importante. Les recommandations sont alors diffusées à la population par voie d’affichage dans les mairies. Si la restriction dure longtemps, la mairie peut être amenée à fournir aux habitants de l’eau potable.


Se protéger des polluants des eaux de baignade

Une mauvaise qualité des eaux de baignade peut provoquer des problèmes de santé, le plus souvent bénins, par contact cutané, par ingestion, ou par inhalation. La plupart du temps, la qualité des eaux de baignade et stable, sauf en cas de déversement accidentel de polluants.

Quelques conseils pour profiter de son bain sans mauvaises surprises:

  • Au cours de la période estivale, des contrôles sont régulièrement effectués dans les zones de baignade fréquentées. Consultez les résultats des contrôles sanitaires qui sont affichés à proximité des lieux de baignades.
  • Respectez les interdictions de baignade prononcées par les organismes de contrôle locaux.
  • Baignez-vous dans les zones autorisées qui font l’objet de contrôles sanitaires réguliers.
  • Évitez de vous baigner après de violents orages, car le ruissellement des pluies entraîne les polluants vers les eaux de surface.
  • Ne pas se baigner en cas de lésions cutanées, surtout en eau douce.
  • Lavez-vous bien et séchez-vous vigoureusement après votre bain.

Vous pouvez consulter le site Eaux de baignade proposé par le ministère des Affaires sociales et de la Santé pour connaître la qualité des eaux d’un site de baignade en France ou dans les DOM-TOM.

 

Substances polluantes de l’air et effets sur la santé

Il existe 2 grandes familles de polluants :

  • Les polluants primaires directement issus d’une source polluante comme les oxydes de soufre (SOx), les particules en suspension (PM), les oxydes d’azote (NOx), le monoxyde de carbone (CO), les composés organiques volatils (COV), les métaux lourds (plomb, mercure, arsenic…), les composés organiques semi-volatils (COSV) comme les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP)… 
  • Les polluants secondaires issus de la transformation chimique des polluants primaires. C’est le cas de l’ozone par exemple qui résulte de la transformation de certains polluants atmosphériques (NO2, SO2, COV…) sous l’action du rayonnement ultra-violet.

Voici les principales substances polluantes de l’air et leurs effets sur la santé.

  • L’acide chlorhydrique (HCl) est essentiellement généré par la combustion des ordures ménagères ou du charbon et des activités industrielles. Il est très irritant pour les voies respiratoires. Il contribue au phénomène des pluies acides.
  • L’ammoniac (NH3) provient de la fabrication ou de l’épandage des engrais ammoniaqués tels que le lisier par exemple. L’ammoniac est très irritant pour les muqueuses.
  • Les composés organiques volatils ou COV (benzène, éthylbenzène, toluène, xylène…) sont émis par le milieu naturel mais entrent également dans la composition des produits ménagers, des peintures, des solvants… Les effets des COV sont variables et peuvent provoquer des irritations des voies respiratoires, une diminution de la capacité respiratoire, peuvent être mutagènes et cancérigènes.
    Ils participent à la formation de l’ozone et contribuent à l’effet de serre.
  • Le dioxyde de soufre (SO2) irrite les voies respiratoires et les yeux. Il aggrave les crises d’asthme et provoque une gêne respiratoire.
    Le dioxyde de soufre se transforme en acide sulfurique au contact de l’eau et participe au phénomène des pluies acides qui sont responsables de la dégradation de nombreux monuments.
  • Le formaldéhyde, généré par les véhicules diesel et par les combustions en général, provoque des cancers du rhinopharynx. C’est un gaz très irritant, il provoque aussi des céphalées, vertiges…
  • Les Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (HAP) sont générés par la combustion des matières fossiles. Ils se présentent sous forme de gaz ou de particules en suspension. Plusieurs d’entre eux sont considérés comme des cancérigènes certains pour l’homme.
  • Les métaux lourds sont très toxiques à court et/ou long terme. Ils s’accumulent dans les tissus de l’organisme et peuvent, selon les cas, provoquer des troubles neurologiques, rénaux, respiratoires, voire des cancers. Les métaux lourds s’accumulent également dans les sols et polluent l’eau et les aliments.
  • Les Oxydes d’azote (NOx), essentiellement générés par la combustion des moteurs, provoquent, à dose élevée, une sensation d’oppression due à la raréfaction de l’oxygène de l’air. Les NOx sont à l’origine d’irritations des yeux et des muqueuses et d’une augmentation des crises d’asthme. Les oxydes d’azote participent à la formation de l’ozone et participent au phénomène des pluies acides.
  • L’ozone est un gaz très irritant pour les voies respiratoires et les muqueuses. Il provoque des toux ainsi qu’une gêne respiratoire.
    Il a un effet néfaste sur la végétation, contribue à l’effet de serre et participe à la formation des pluies acides.
  • Les particules en suspension sont d’origine naturelle (pollens, spores fongiques…), résultent de la combustion incomplète des énergies fossiles (incinération de déchets, gaz d’échappement…) ou sont issues de l’usure des matériaux. Dans les lieux fermés, la principale source de particules en suspension est le tabagisme. Leurs diamètres varient de 0,005 micromètre à 100 micromètres. En France, les particules fines sont responsables de 42 000 décès par an. Les particules en suspension sont responsables de l’aggravation des maladies respiratoires comme l’asthme, les toux chroniques, les allergies et provoquent des accidents cardiovasculaires (infarctus, AVC). Les particules dont le diamètre est inférieur à 2,5 µm pénètrent profondément dans l’organisme jusqu’à atteindre les poumons et passent dans le sang. Elles sont responsables de l’augmentation des cancers, du poumon notamment et compromettent le bon développement du fœtus. Les particules en suspension sont responsables des salissures sur les bâtiments.
  • Les pesticides également appelés produits phytosanitaires.

 

Sources de pollution de l’air

Les activités agricoles

Les activités agricoles sont une source importante de pollution de l’air. L’utilisation d’engrais azotés et ammoniaqués ainsi que le stockage des déjections animales provoquent le rejet de gaz d’ammoniac. L’élevage intensif est une source importante d’émission de méthane. De plus, l’utilisation de produits phytosanitaires provoque une pollution sur de longues distances.

Les activités industrielles

Les plus grandes sources industrielles de pollution de l’air sont les installations de combustion telles que les incinérateurs ou les centrales thermiques. En effet, la combustion du charbon, des déchets, du gaz ou encore des particules de bois entraîne l’émission d’oxydes d’azote, de particules en suspension, de dioxyde de soufre, d’hydrocarbures aromatiques polycycliques…

Les industries pétrochimiques sont elles aussi très polluantes. Elles émettent principalement des COV, libérés lors du remplissage des cuves ou de la combustion incomplète du carburant.

Les activités de chauffage

Se chauffer et produire de l’eau chaude sont des sources non négligeables de pollution, surtout dans les villes. Les polluants varient en fonction du combustible utilisé : l’utilisation de bois de chauffage émet par exemple des particules fines, des COV, des oxydes de carbone… Pour enrayer ce phénomène, un arrêté préfectoral prévoit d’ailleurs d’interdire les feux de cheminée à foyer ouvert, en Ile-de-France à partir de 2015 pour diviser par 2 la pollution aux particules fines dans l’air intérieur et extérieur dans la région.

Le trafic routier

Le trafic routier, et notamment les véhicules à moteur diesel, est responsable principalement d’une pollution par les COV, les oxydes d’azote et les particules en suspension. Les particules en suspension sont générées par les matières imbrûlées dans les gaz d’échappement, l’usure des pneumatiques et des pièces mécaniques ainsi que du revêtement routier. Ces particules, constituées d’hydrocarbures, de dioxines… sont redoutables de par leur composition, mais aussi du fait que les catalyseurs les scindent en micro et nanoparticules qui pénètrent loin dans l’organisme. Elles sont cancérigènes et mutagènes. Le transport routier, qui utilise beaucoup de véhicules diesel, est très polluant. Les véhicules diesel, qui représentent 60 % du parc français, émettent également du formaldéhyde en bien plus grande quantité que les véhicules essence ou GPL. L’amélioration du parc automobile, par l’adoption de mesures contraignantes comme les normes d’émissions de polluants, les pots catalytiques…, est malheureusement limitée par l’augmentation du trafic.

 

Effets sur la santé et l’environnement de la pollution de l’air

Les effets de la pollution de l’air sur l’environnement

La pollution de l’air impacte fortement la santé des végétaux. Certains polluants peuvent entraver la croissance des plantes, c’est par exemple le cas de l’ozone. Ils peuvent également amoindrir la résistance des plantes à certains agents infectieux, voire provoquer des nécroses. La pollution de l’air est également responsable de la formation des pluies acides qui entraînent le dépérissement des forêts et la dégradation des sols.

Les oxydes de soufre ainsi que les pluies acides corrodent et rongent les bâtiments et les monuments, tandis que les particules en suspension provoquent des salissures sur le bâti.

Les effets de la pollution de l’air sur la santé

La pollution de l’air entraîne des effets sur la santé à court et à long terme.

Les effets à court terme

On parle d’effets à court terme lorsqu’un problème de santé apparaît quelques jours ou quelques semaines après que la personne a été exposée à une augmentation importante des niveaux de polluants atmosphériques.

Les effets à court terme se remarquent surtout chez les enfants ou les personnes malades.

Ce sont principalement des affections respiratoires telles que des crises d’asthme, des bronchiolites, des crises d’allergies…, des irritations des muqueuses, des yeux ou de la peau. On remarque également une hausse des accidents cardiovasculaires. Ainsi, le risque d’infarctus et d’accidents vasculaires cérébraux (AVC) est multiplié par 3 suite à l’exposition à une forte pollution atmosphérique.

Les effets à long terme

On parle d’effets à long terme lorsque la pathologie apparaît suite à une exposition chronique de plusieurs mois ou plusieurs années. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime que la pollution atmosphérique provoque 1,3 million de décès dans le monde chaque année.

La pollution de l’air est ainsi responsable d’affections cardiaques comme des troubles du rythme ou des AVC. Elle est aussi responsable de l’apparition ou de l’aggravation de cancers, notamment de cancers du poumon. La pollution de l’air serait également responsable de troubles de la fertilité comme la baisse de la fertilité masculine, l’augmentation des avortements spontanés ou des naissances prématurées.

 

Les catégories de population les plus sensibles à la pollution de l’air

Les femmes enceintes

Il semble que les femmes enceintes exposées à la pollution générée par le trafic routier donnent naissance à des bébés de petite taille et de faible poids. L’exposition du fœtus et de l’enfant de moins d’1 an à la pollution routière, aux oxydes d’azote et aux particules en suspension accroîtrait le développement de l’autisme. Enfin, une exposition prénatale aux hydrocarbures aromatiques polycycliques serait néfaste pour leur développement cognitif.

Les enfants

Les enfants en bas âge exposés à la pollution atmosphérique, et notamment à l’ozone, ont presque 2 fois plus de risques de développer de l’asthme, 3 fois plus de risques de faire de l’eczéma et sont plus sensibles aux infections de la sphère ORL. Ils sont également plus sensibles aux allergènes alimentaires. De plus, la pollution de l’air pourrait réduire l’efficacité des produits dispensés par les inhalateurs lors de crises d’asthme.

Les sportifs

Au cours d’un exercice physique, un sportif inspire jusqu’à 10 fois plus d’air qu’une personne au repos, ce qui augmente son exposition aux polluants. L’exposition du sportif à l’ozone provoque une diminution de sa capacité pulmonaire et donc de ses performances, mais surtout augmente le risque de faire une crise d’asthme.

Les personnes âgées

Les personnes âgées sont très sensibles à la pollution de l’air car leur système de défense est amoindri et leur capacité respiratoire et cardiovasculaire est souvent altérée.

Certaines catégories professionnelles

Les personnes exerçant une activité professionnelle à proximité du trafic routier comme les conducteurs de poids lourds ou d’autobus, les agents de péage, les agents de la circulation, le personnel chargé de l’entretien des routes… sont plus exposées à la pollution atmosphérique.

Les personnes malades

Les insuffisants respiratoires, les asthmatiques… sont plus sensibles à la pollution de l’air.

 

Substances polluantes des sols et effets sur la santé

 

Le ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie met à disposition une base de données des sites et sols fortement ou potentiellement pollués, la base BASOL. Selon cette base, les polluants régulièrement impliqués dans la pollution des sols sont :

  • Les hydrocarbures comme le benzène et les Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (HAP) ont, pour certains, des effets reprotoxiques, mutagènes et cancérigènes. Ils sont considérés comme des cancérigènes certains pour l’homme.
  • Les métaux tels que le plomb, le zinc, le chrome, le cuivre, l’arsenic, le nickel et le cadmium. Les métaux lourds et les métalloïdes sont connus pour leur pouvoir neurotoxique et cancérigène pour certains, par ingestion et/ou inhalation.
  • Les solvants halogénés et leurs déchets dégradés sont extrêmement toxiques et cancérogènes pour certains (comme le chlorure de vinyle et le trichloroéthylène par exemple). Ils peuvent être responsables de troubles neurologiques aigus et chroniques, de troubles des voies digestives, respiratoires et cardiovasculaires ou encore des affections cutanées, hépatiques et rénales.

La pollution des sols peut résulter d’un accident industriel, d’une fuite sur des conduites ou des réseaux enterrés… Dans ce cas, les autorités compétentes mettent en œuvre des mesures d’urgence comme l’enlèvement des produits, l’interdiction d’accès à la zone polluée, le confinement des produits…

Mais le plus souvent, les pollutions des sols, urbains, agricoles ou naturels, sont touchées par des pollutions diffuses dont les niveaux de concentrations sont beaucoup moins élevés que sur les sites recensés dans la base de données BASOL. Les conséquences de ces concentrations diffuses sur la santé humaine et sur l’environnement sont difficilement évaluables mais sont une source d’inquiétude pour les scientifiques.

 

Se protéger des polluants de l’air

S’informer

  • En France, la surveillance de la qualité de l’air est assurée sur tout le territoire par 26 associations agréées de surveillance de la qualité de l’air (AASQA). Les AASQA sont réunies au sein de la fédération Atmo France. La fédération fournit un indicateur global de la qualité de l’air calculé pour les agglomérations de plus de 50.000 habitants à partir de la concentration dans l’air ambiant de quatre polluants (dioxyde de soufre (SO2), dioxyde d’azote (NO2), ozone (O3) et poussières fines (PM10)). L’indice de qualité de l’air croît de 1 (très bon) à 10 (très mauvais). Vous pouvez consulter la carte des AASQUA qui donne l’indice de qualité de l’air par région.
  • Le Réseau National de Surveillance Aérobiologique (RNSA) assure, en France, une surveillance des particules biologiques (pollens et moisissures) en suspension dans l’air ainsi qu’une surveillance de l’impact sanitaire lié à cette exposition. Vous pouvez vous enquérir des risques par villes ou par particules biologiques sur le site du RNSA.
  • Il est également intéressant de suivre les bulletins météorologiques, sur Météo France par exemple. En effet, la qualité de l’air est fortement dépendante de la température, des précipitations ou du vent qui peuvent concentrer ou disséminer les polluants.

Se protéger de la pollution de l’air

  • Il est important d’éviter, dans la mesure du possible, la fréquentation des zones fortement polluées comme les grandes artères, les rues encaissées…
  • En cas de pics de pollution, il convient d’éviter les activités physiques en extérieur et de reporter ses promenades le soir (surtout pour les personnes dont les capacités respiratoires sont amoindries).
  • Dans la mesure du possible, il vaut mieux privilégier la marche à pied ou le vélo plutôt que prendre sa voiture. En effet, c’est en voiture que l’exposition aux polluants est la plus importante.
  • Il faut renouveler l’air intérieur de son logement aux heures les plus fraîches, idéalement très tôt le matin ou tard le soir lorsque le trafic est le plus faible.
  • Les fumeurs doivent réduire leur consommation car la cigarette majore les effets de pollution de l’air sur la santé.
  • Les personnes allergiques aux pollens doivent limiter leurs sorties en cas de pics de pollution car c’est à ce moment que les pollens libèrent plus facilement leurs particules allergisantes. De plus, les particules en suspension fixent les éléments allergisants et les entraînent en profondeur dans les voies respiratoires. Il faut savoir que la pollution de l’air rend les personnes allergiques plus sensibles aux allergènes.
  • Lors des pics de pollution, il convient d’éviter les activités polluantes telles que les travaux de peintures, l’utilisation de vernis ou de colles… Il faut également éviter l’usage de certaines bombes aérosol comme les désodorisants, sprays nettoyants…
  • En voiture, il faut rouler fenêtres ouvertes dès que c’est possible et ne pas rouler trop près du véhicule qui précède. Dans une zone couverte (un tunnel par exemple), il faut fermer les fenêtres et utiliser la fonction “air recyclé” du véhicule.
  • Faire du sport de préférence tôt le matin ou tard le soir en évitant les abords des axes routiers.

 Éviter d’aggraver la pollution de l’air

  • Privilégier la marche ou le vélo pour les petits trajets.
  • Privilégier les transports en commun ou le covoiturage pour les déplacements domicile-travail.
  • Respecter les limitations de vitesse.
  • A l’achat, privilégier les véhicules essence, ou mieux les véhicules hybrides, plutôt que les véhicules diesel.
  • Faire réviser régulièrement son véhicule en vérifiant la pression des pneumatiques ou le changement du filtre à air par exemple (des pneus sous gonflés ou un filtre à air usagé augmentent la consommation et donc la pollution), ainsi que son installation de chauffage.
  • Éviter les feux de cheminée dans les foyers ouverts et installer des inserts.
  • Ne pas fumer.

 

Les sources de pollution des sols

Voici les principales sources d’activités polluantes pour les sols :

Les activités agricoles

Principale utilisatrice des sols, l’agriculture intensive est également la principale responsable de la pollution des sols. L’usage intensif d’engrais de synthèse et de produits phytosanitaires est à l’origine de nombreuses pollutions, notamment par l’azote et les phosphates. Les produits utilisés, parfois peu biodégradables, imprègnent les sols, contaminent les eaux de ruissellement qui contaminent les cours d’eau et les nappes phréatiques qui contaminent à leur tour les organismes vivants. L’agriculture intensive provoque aussi la perte du carbone du sol et d’importantes émissions de CO2, principal responsable du réchauffement climatique.

Grande utilisatrice d’engins motorisés de plus en plus lourds, les agriculteurs provoquent un tassement du sol qui ne laisse plus passer l’eau ou l’air, favorisant la disparition des animaux recycleurs du sol.

L’agriculture intensive laisse nue une part importante des terres cultivées une bonne partie de l’année. Cela favorise la disparition d’éléments fertiles de la terre, emportés par l’érosion hydrique comme de fortes pluies ou par l’érosion éolienne. En plus de rendre les cours d’eau boueux, cela provoque un appauvrissement de la terre qui induit une baisse des rendements, rendant ainsi indispensable le recours aux engrais de synthèse.

Les activités industrielles

La pollution des sols par les activités industrielles est essentiellement due au non-respect des lois, aux fuites, aux accidents (catastrophe nucléaire par exemple) ou dans le cas de l’abandon d’une usine.

Les activités des collectivités territoriales

Mauvaise gestion des stations d’épuration, des déchetteries ou des décharges, utilisation de produits phytosanitaires pour traiter les abords des axes routiers et les espaces verts… peuvent être à l’origine d’une pollution des sols. On peut également citer l’imperméabilisation et l’imprégnation des sols suite à la construction de routes, de logements, d’entrepôts…

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estime que près de la moitié des sols dans le monde sont dégradés à cause des activités humaines. Cette dégradation affecte directement la santé des hommes, met en péril la production alimentaire et fait baisser la qualité des eaux souterraines qui sont filtrées et stockées dans ce sol dégradé.

 

Références