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L’Accident Vasculaire Cérébral (AVC)

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Auteurs :

  • GALLOIS Hervé (Dr – Médecin cardiologue)
  • Equipe Offre Prévention de la Mutualité Française

 

L’essentiel

L’accident vasculaire cérébral, c’est l’apparition brutale d’un des trois signes suivants :

  • une déformation ou engourdissement de la bouche : lorsque la personne sourit le sourire n’est pas symétrique ;
  • une faiblesse ou engourdissement d’un côté du corps, bras ou jambe : lorsqu’on demande à la personne de lever les deux bras devant elle, l’un des bras ne peut être levé ou rester en hauteur, il retombe ;
  • des troubles de la parole ou une difficulté à parler : lorsqu’on demande à la personne de répéter une phrase, elle a des difficultés à parler ou à comprendre.

Devant un de ces trois signes, un seul geste : appeler immédiatement le SAMU en composant le 15.

L’accident vasculaire cérébral (AVC) qu’on appelle aussi attaque cérébrale, survient quand brutalement la circulation cérébrale est interrompue :

  • soit dans 80 % des cas parce qu’une artère du cerveau s’est bouchée, on parle d’AVC ischémique,
  • soit dans 20 % des cas parce qu’une artère s’est rompue, on parle d’AVC hémorragique ;
  • parfois, l’accident ne dure que quelques minutes ou quelques heures, on parle alors d’accident ischémique transitoire (AIT)

Il existe 13 facteurs de risque d’AVC :

  • trois ne sont pas modifiables ce sont l’âge, le sexe et la famille ;
  • et dix sont modifiables dépendant du comportement individuel. Ce sont le tabac, le cholestérol, le diabète, l’hypertension artérielle (premier facteur de risque), le stress psychosocial, la sédentarité, l’obésité abdominale, une alimentation pauvre en fruits et légumes, l’alcool et les causes cardiaques dont l’arythmie par fibrillation atriale. Ces 10 facteurs de risque acquis concourent à 90 % de l’ensemble des accidents vasculaires cérébraux (AVC). Les deux principaux facteurs de risque d’AVC sont l’hypertension artérielle et l’arythmie par fibrillation atriale. Ce dernier facteur serait responsable d’un AVC ischémique sur 5.

Tout récemment une étude internationale a montré que 74.2% des AVC sont dus à des facteurs liés au comportement (tabac, mauvaise alimentation, et faible activité physique), 72.4% des AVC sont dus aux facteurs métaboliques (hypertension artérielle, surpoids et obésité, hyperglycémie, dyslipidémie, et insuffisance rénale) et 33.4% des AVC sont dus aux facteurs environnementaux avec en particulier la pollution de l’air qui serait à elle seule responsable de 29.2% des AVC. 

 

En cas d’attaque cérébrale, l’urgence est absolue !

Que ce soit un Accident Ischémique Transitoire (AIT) ou un AVC, l’attaque cérébrale est un accident grave et doit être prise en charge immédiatement. Il faut donc sans attendre faire le 15, appeler le SAMU, car une personne victime d’une hémiplégie ou d’un trouble brutal du langage peut bénéficier, dans certains cas et dans l’idéal dans les trois heures, d’une thrombolyse. Le SAMU transfert en urgence le patient pour réaliser une imagerie cérébrale (scanner et/ou dans l’idéal IRM) qui fera le diagnostic d’AVC ischémique ou hémorragique. Seul l’AVC ischémique peut bénéficier de la thrombolyse.

IL FAUT DONC APPELER LE 15 DÈS L’ACCIDENT CONSTATÉ.

Le traitement de l’accident vasculaire cérébral ischémique est la thrombolyse réalisée dans l’idéal dans moins de 3 heures des signes (jusqu’à 4h30). Ce traitement passe par l’appel du 15, le SAMU qui transfère en urgence le patient dans une Unité de Soins Intensifs Neurovasculaires.

 

Qu’est-ce qu’un Accident Vasculaire Cérébral ?

L’accident vasculaire cérébral (AVC), qu’on appelle aussi attaque cérébrale, survient quand, brutalement la circulation cérébrale est interrompue soit dans 80 % des cas parce qu’une artère du cerveau s’est bouchée, on parle d’AVC ischémique, soit dans 20 % des cas parce qu’une artère s’est rompue, on parle d’AVC hémorragique. Parfois, l’accident ne dure que quelques minutes ou quelques heures, on parle alors d’accident ischémique transitoire (AIT). L’accident vasculaire cérébral peut être cause de lourd handicap, car il peut toucher certaines fonctions neurologiques et entraîner des séquelles neurologiques.

L’accident vasculaire cérébral (AVC), qu’on appelle aussi attaque cérébrale, survient quand brutalement la circulation cérébrale est interrompue soit parce qu’une artère du cerveau s’est bouchée (on parle d’occlusion) soit parce qu’une artère s’est rompue (on parle d’hémorragie). En aval de cette lésion artérielle, les différentes parties du cerveau ne reçoivent plus de sang, ce qui les prive de leur apport vital en oxygène, causant leur dysfonctionnement puis leur mort en quelques minutes.

Il existe 2 types d’accident vasculaires cérébraux :

  • Les accidents vasculaires cérébraux ischémiques ou infarctus cérébraux (80 % des accidents vasculaires cérébraux) qui sont dus à une artère bouchée soit par une plaque riche en cholestérol (athérosclérose), on parle de thrombose cérébrale (40 à 50 % des AVC) soit par un caillot de sang, venu obstruer l’artère, il s’agit alors d’une embolie cérébrale (30 % des AVC). Cette embolie est souvent liée à un trouble du rythme cardiaque, l’arythmie par fibrillation atriale qui, suivant des données récentes, serait responsable d’un AVC ischémique sur 5.  
  • Les accidents vasculaires cérébraux hémorragiques (20 % des accidents vasculaires cérébraux) qui sont la conséquence de la rupture d’une artère, déclenchant une hémorragie intracérébrale pouvant être due à une rupture d’anévrisme. La cause la plus fréquente d’AVC hémorragique est un traitement par anticoagulant. Récemment, par rapport aux antivitamine K, les anticoagulants de référence, les nouveaux anticoagulants actifs par voie orale ont montré une diminution de 50% du risque d’hémorragie cérébrale.  Lorsque l’obstruction de l’artère cérébrale se résorbe d’elle-même et ne provoque pas de séquelle, on parle d’accident ischémique transitoire (AIT). Ses symptômes sont les mêmes que l’AVC, mais ils durent de quelques minutes à quelques heures avant le retour à la normale. L’AIT peut donc passer inaperçu. Des études réalisées entre 1997 et 2003 ont estimé que, dans les trois mois qui suivent un AIT, le risque d’avoir un AVC ou un accident coronaire était de 12 à 20% ce qui représente un risque très élevé. Devant les signes d’AIT, le score ABCD² permet de stratifier le risque d’avoir un AVC : ce score international repose sur l’âge, la pression artérielle, les symptômes, la durée de ces symptômes, l’existence d’un diabète ou pas. Ce score peut aller de 0 à 7 ; quand ce score est de 4 ou plus le risque d’AVC est majeur, et il est recommandé une prise en charge en milieu spécialisé dans les 24 heures qui suivent les symptômes.   

 

AVC en France : les chiffres

En 2013, en France 130 457 patients ont été une hospitalisés pour maladie cérébrovasculaire (hors AIT) soit « 1 AVC toutes les 4 minutes ». Pour 108 499 patients, le diagnostic principal était un AVC avéré. Les taux de patients hospitalisés étaient plus élevés chez les hommes que chez les femmes, que le diagnostic soit une maladie cérébrovasculaire ou un AVC.

En 2011, en France, le nombre de décès par maladie cérébrovasculaire s’élevait à 32 541 dont 58 % de femmes. Les AVC représentaient près de 90 % des décès par maladie cérébrovasculaire avec 28 461 décès en 2011 dont 11 973 chez les hommes et 16 488 chez les femmes. Après standardisation sur l’âge, les hommes avaient un taux de mortalité par maladie cérébrovasculaire et par AVC supérieur à celui des femmes.

Les AVC sont des pathologies graves, handicapantes et fréquentes. En France, ils représentent la première cause de handicap moteur non traumatique, la deuxième cause de démence derrière la maladie d’Alzheimer et la première cause de mortalité chez les femmes (la troisième chez les hommes).

Les accidents vasculaires cérébraux sont souvent responsables de séquelles lourdes, l’accident pouvant toucher des grandes fonctions neurologiques telles que :

  • la motricité : hémiplégie
  • la sensibilité : anesthésie, douleur
  • le langage : aphasie 
  • la vision : la déficience visuelle

Après l’AVC, les dépressions sont fréquentes. Seulement 41 % des AVC n’ont plus de symptômes après leur accident, 25 % ont un handicap léger ou modéré, et 34 % ne peuvent marcher sans assistance.

 

Quels sont les signes d’alerte d’un accident vasculaire cérébral ?

L’accident vasculaire cérébral, c’est l’apparition brutale d’un des trois signes suivants les plus fréquents :

  • une déformation ou engourdissement de la bouche : lorsque la personne sourit le sourire n’est pas symétrique ;
  • une faiblesse ou engourdissement d’un côté du corps, bras ou jambe : lorsqu’on demande à la personne de lever les deux bras devant elle, l’un des bras ne peut être levé ou rester en hauteur, il retombe ;
  • des troubles de la parole ou une difficulté à parler : lorsqu’on demande à la personne de répéter une phrase, elle a des difficultés à parler ou à comprendre.

 Devant un de ces trois signes, un seul geste appeler immédiatement le SAMU : le 15.

Les symptômes d’AVC sont toujours d’apparition brutale :

  • une faiblesse musculaire ou une paralysie : on ne peut plus bouger une partie de son corps d’un côté ; toutes les parties du corps peuvent être touchées. Mais le plus souvent, il s’agit de la face, du bras, de la main et/ou de la jambe. Très fréquemment, la face, le bras ! et la jambe du même côté sont atteints en même temps on parle d’Hémiplégie
  • une perte de la sensibilité : on sent un engourdissement ou une insensibilité d’une partie du corps
  • une difficulté du langage : il s’agit, soit d’une gêne pour articuler (appelée Dysarthrie), soit d’un trouble du langage (Aphasie) portant sur l’expression (mutisme, difficulté à trouver les mots ou jargon avec mots inintelligibles) et pouvant être associé à des difficultés de compréhension
  • un trouble visuel : soit on perd brusquement la vision d’un oeil (cécité unilatérale) ou plus rarement des deux, soit on perd la vision de la moitié du champ visuel des deux yeux en même temps (Hémianopsie), ou encore, on voit soudain les choses en double (Diplopie, on voit deux fois le même objet au lieu d’un seul)
  • un mal de tête, d’apparition brutale, inhabituel et très intense.

D’autres symptômes peuvent survenir :

  • perte de l’équilibre ou de la coordination des mouvements des membres
  • troubles de la conscience pouvant aller de la somnolence au coma

Tous ses symptômes peuvent durer quelques minutes ou quelques heures et disparaître rapidement sans laisser de trace en moins de 24 h ; il s’agit alors d’un accident ischémique transitoire (AIT) qui doit faire appeler immédiatement le SAMU : le 15. Même brefs, même s’ils ont disparu totalement, ces signes doivent alerter. Il s’agit d’un signal d’alarme. Sans prise en charge rapide, sans traitement adapté, un nouveau caillot peut se former et provoquer un nouvel AIT ou, pire, un AVC (l’AIT multiplie par 50 le risque de faire un AVC). Tout récemment il a été montré que la prise en charge d’AIT dans les 7 jours (au mieux dans les 24heures) des symptômes au sein d’unités dédiées aux AVC, les unités « SOS-AIT » (il y en a 2 en France : à Paris à l’hôpital Bichat et à Toulouse ) permettait de réduire de moitié le risque d’événements cardiovasculaires à un an.

 

Quels sont les facteurs de risque d’accident vasculaire cérébral ?

Classiquement il existe 13 facteurs de risque d’AVC : trois ne sont pas modifiables ce sont l’âge, le sexe et la famille, et dix sont modifiables dépendant du comportement individuel, ce sont le tabac, le cholestérol, le diabète, l’hypertension artérielle, le stress psychosocial, la sédentarité, l’obésité abdominale, une alimentation pauvre en fruits et légumes, l’alcool et les causes cardiaques dont la fibrillation atriale qui serait à elle seule responsable d’un AVC ischémique sur 5. Dix de ces facteurs de risque acquis concourent à 90 % de l’ensemble des accidents vasculaires cérébraux (AVC).

Il y a trois facteurs sur lesquels on ne peut pas agir : l’âge (le vieillissement entraîne altération et épaississement des parois des artères), le sexe (les femmes sont plus à risque d’AVC que les hommes), et la famille (terrains héréditaires, génétiques qui augmentent le risque de chaque membre de la famille).

Mais il y a surtout 10 facteurs sur lesquels chacun peut agir et qui dépendent de nos comportements. Ces facteurs isolés ou associés sont responsables de 90 % des AVC suivant l’étude internationale « INTERSTROKE ».

L’hypertension artérielle (HTA) est le premier facteur de risque d’AVC, il est responsable de 44,5 % des AVC hémorragique et de 31,5 % des AVC ischémiques. L’HTA multiplie le risque d’AVC par 9 avant 45 ans et il le multiplie par 4 chez les plus de 45 ans.

La sédentarité, c’est-à-dire l’absence d’activité physique journalière (moins de 30 minutes par jour) est responsable de 29 % des AVC. Une activité physique régulière diminue d’un tiers le risque d’AVC.

L’obésité abdominale, évaluée par le rapport tour de taille/tour de hanche, elle contribue à hauteur de 27 % de l’ensemble des AVC. En revanche, il n’y a pas de lien entre l’IMC (poids/taille au carré) indicateur global de surpoids ou d’obésité et le risque d’AVC.

Les dyslipidémies ou l’excès de mauvais cholestérol (LDL cholestérol) est responsable de 25 % des AVC.

Le tabac est responsable de 19 % des AVC. Le risque augmente avec le nombre de cigarettes par jour, encore plus étroitement pour les AVC ischémiques (21,4 %) qu’hémorragiques (9,5 %). Globalement, le tabagisme multiplie par 2 le risque d’AVC.

Une alimentation journalière pauvre en fruits et légumes est responsable de 19 % des AVC. L’augmentation de la consommation de fruits et de poisson est associée à une réduction du risque d’AVC.

L’arythmie par fibrillation atriale (FA) qui est le trouble du rythme cardiaque le plus fréquent constitue le premier facteur de risque d’origine cardiaque ; en France, la FA est responsable d’un AVC toutes les 20 minutes. La FA multiplie par cinq le risque de faire un AVC ischémique. Des données récentes considèrent l’arythmie par fibrillation atriale comme responsable de 1 AVC ischémique sur 5. Le dépistage et le traitement de ce trouble du rythme souvent asymptomatique doit être optimisé.

Le stress psychosocial (dont la dépression) est responsable de 5 % des AVC.

Le diabète est responsable lui aussi de 5 % des AVC.

L’alcool est responsable de 4 % des AVC. En termes d’AVC hémorragique, le risque croît avec la consommation d’alcool, quel que soit le niveau de consommation ; l’alcool est responsable de 14,6 % des AVC hémorragiques. Le fait de consommer moins de 30 verres d’alcool par mois réduit le risque d’AVC ischémique, en revanche plus de 30 verres par mois ou s’adonner au « binge drinking » majore ce risque ischémique.

Le facteur de risque d’AVC hémorragique le plus fréquent reste le traitement anticoagulant. Par rapport aux anticoagulants de référence (les antivitamine K), les nouveaux anticoagulants actifs par voie orale ont montré une réduction de 50% du risque d’hémorragie cérébrale.  

D’autres facteurs interviennent dans le risque d’AVC hémorragique : l’existence d’une malformation vasculaire de type anévrisme située au niveau des artères intracérébrales, des troubles de la coagulation…

Tout récemment une étude internationale, la « Global Burden of Disease Study 2013 » a évalué de 1990 à 2013 le fardeau des AVC et de leurs facteurs de risque dans 188 pays. Cette étude montre le poids respectif de 17 facteurs de risque dans leur contribution au risque d’AVC. Comme dans l’étude INTERSTROKE, cette étude montre que 90.5% des AVC sont attribuables à des facteurs de risque modifiables ; 74.2% des AVC sont dus à des facteurs liés au comportement (tabac, mauvaise alimentation, et faible activité physique, 72.4% des AVC sont dus aux facteurs métaboliques (hypertension artérielle, surpoids et obésité, hyperglycémie, dyslipidémie, et insuffisance rénale) et 33.4% des AVC sont dus aux facteurs environnementaux avec en particulier la pollution de l’air qui serait à elle seule responsable de 29.2% des AVC.

 

En cas d’accident vasculaire cérébral, que faire ?

En cas d’attaque cérébrale, l’urgence est absolue ! Que ce soit un AIT ou un AVC, l’attaque cérébrale est un accident grave et doit être prise en charge immédiatement. Il faut donc sans attendre faire le 15, appeler le SAMU, car une personne victime d’une hémiplégie ou d’un trouble brutal du langage peut bénéficier, dans certains cas et dans l’idéal dans les trois heures, d’une thrombolyse.

Il faut donc APPELER le 15 DÈS L’ACCIDENT CONSTATÉ.

Que faire en attendant les secours ?

Après avoir appelé le 15, suivre les conseils du médecin régulateur du centre 15 et :

  • allonger la personne avec un oreiller sous la tête et la laisser allongée jusqu’à l’arrivée des secours ;
  • noter l’heure où les signes sont apparus ou quand la personne a été vue pour la dernière fois sans signes ;
  • regrouper les ordonnances (éventuel traitement anticoagulant) et les résultats des dernières prises de sang réalisées.
ATTENTION
  • Ne pas faire boire ni manger.
  • Ne donner aucun médicament.
  • Ne faire aucune injection.

Le SAMU va prendre en charge le patient, l’objectif est de réaliser au plus vite une imagerie cérébrale (scanner cérébral et/ou IRM cérébrale) qui est indispensable pour faire le diagnostic et préciser la nature ischémique ou hémorragique de l’accident. En effet, le traitement de l’AVC ischémique consiste en ce qu’on appelle une thrombolyse qui doit être réalisée le plus tôt possible, dans l’idéal dans les trois heures après le début des signes (jusqu’à 4h30), alors que cette thrombolyse est contre-indiquée dans le cas de l’AVC hémorragique.

À l’hôpital, le patient sera dirigé dans des centres spécialisés dans la prise en charge des AVC, ce sont les Unités de Soins Intensifs Neuro-Vasculaires (USINV).

Après l’accident d’autres examens permettent de déterminer la cause de l’AVC :

  • prise de sang à la recherche de troubles de la coagulation, de dyslipidémie, de diabète,
  • ECG et holter sur 24 heures à la recherche d’une arythmie par fibrillation atriale,
  • échocardiographie trans-thoracique à la recherche d’une maladie des valves ou du muscle cardiaque,
  • écho doppler des artères cérébrales (echo TSA),
  • mesure ambulatoire de la pression artérielle sur 24 heures à la recherche d’un HTA,  
  • et d’autres examens plus sophistiqués tels que l’échographie cardiaque trans-oesophagienne qui permet de préciser l’existence d’une infection ou d’une maladie des valves, la présence d’un caillot sanguin dans une oreillette, l’atteinte d’une paroi de l’aorte thoracique, ou l’existence d’un foramen ovale perméable (communication entre les deux oreillettes).

 

Comment prévenir l’accident vasculaire cérébral ? Lutter contre les facteurs de risque

Dix facteurs de risque d’AVC sont modifiables et dépendent du comportement individuel : ce sont le tabac, le cholestérol, le diabète, l’hypertension artérielle, le stress psychosocial, la sédentarité, l’obésité abdominale, une alimentation pauvre en fruits et légumes, l’alcool et les causes cardiaques dont l’arythmie par fibrillation atriale.

C’est en luttant contre chacun de ces facteurs de risque que l’on pourra diminuer le nombre d’AVC. Tous les âges de la vie sont concernés par ces facteurs de risque. Ainsi, la lutte contre l’obésité de l’enfant prévient le diabète et les pathologies cardio-neuro-vasculaires du futur adulte. Cependant, il n’est jamais trop tard pour initier des actions de prévention : le risque des fumeurs peut être diminué pour rejoindre celui des non-fumeurs, deux à cinq ans après l’arrêt de leur consommation de tabac. De même, pratiquer une activité physique régulière peut diminuer d’un tiers le risque d’AVC.

Ainsi à tout âge, il est recommandé :

  • Si tabac, d’arrêter de fumer.
  • Si diabète, d’avoir une hémoglobine A1C < 7 % sans hypoglycémie.
  • Si excès de cholestérol, d’avoir un cholestérol total < 2 g/l, un LDL cholestérol
    < 1,6 g/l et un HDL cholestérol > 0.6 g/l.
  • Si HTA, avoir une PA < 140/90 mmHg en consultation et < 135/85 mmHg sur 18 mesures réalisées à domicile (3 mesures le matin et le soir trois jours de suite).
  • D’avoir un poids de forme et un tour de taille < 80 cm pour une femme et < 90 cm pour un homme.
  • De gérer le stress par des approches psychologiques adaptées.
  • De manger tous les jours des fruits et des légumes.
  • D’avoir une activité physique régulière (au moins 2h30 par semaine) et de ne pas être sédentaire (assis moins de 7 heures par jour).
  • De boire pas ou très peu d’alcool et de s’abstenir de « binge drinking ».

Pour ceux qui ont une arythmie par fibrillation atriale, la prévention des AVC passe par les anticoagulants dont les indications dépendent de plusieurs facteurs. Il faut savoir que les anticoagulants dans cette indication sont très efficaces pour diminuer le risque de faire un AVC ischémique ; en revanche, mal gérés, ces traitements peuvent être soit inefficaces soit trop efficaces, pouvant entraîner un risque d’hémorragie cérébrale. Par rapport aux antivitamine K, les anticoagulants de référence, les nouveaux anticoagulants actifs par voie orale ont démontré une diminution de 50% du risque d’AVC hémorragique cérébral.

 

Quels sont les traitements de l’accident vasculaire cérébral ?

Le traitement de l’accident vasculaire cérébral ischémique est la thrombolyse réalisée dans l’idéal dans moins de 3 heures des signes (jusqu’à 4h30). Ce traitement passe par l’appel du 15, le SAMU qui transfère en urgence le patient dans une Unité de Soins Intensifs Neurovasculaires.

Le traitement de l’accident vasculaire cérébral ischémique permet de limiter l’aggravation des lésions, d’éviter la survenue des complications par l’utilisation de thrombolytiques mais surtout de l’aspirine et des anticoagulants (héparine), traitements utilisés en urgence. Lorsque la phase aiguë est passée, il faut prendre en charge les déficits neurologiques éventuels par une rééducation adaptée (kinésithérapie, ergothérapie, orthophonie,etc.) et donner un traitement visant à prévenir les récidives.

Le premier objectif du traitement de l’accident vasculaire cérébral ischémique est de déboucher l’artère malade le plus vite possible.

  • Si le patient est amené tôt, le traitement consiste à dissoudre le caillot sanguin qui la bouche. Pour cela, un produit est injecté par voie veineuse pour détruire le caillot. C’est ce qu’on appelle la thrombolyse ou fibrinolyse.

Le délai pour administrer le médicament est très court, 3 heures à partir de l’installation des premiers symptômes, on peut aller jusqu’à 4h30 après le début des signes.

De plus, ce traitement ne peut être réalisé que dans des centres spécialisés (Unité de Soins Intensifs Neurovasculaires), où l’équipe soignante est composée de professionnels spécialisés.

  • Dans de certains cas, un traitement par l’intérieur des vaisseaux dit endovasculaire (angioplastie, thrombectomie…) est envisagé, pour enlever un caillot, dilater l’artère occluse ou sténosée. Il s’agit dans chaque cas d’une décision très spécialisée.

Le traitement de l’accident vasculaire cérébral hémorragique consiste en la préservation des grandes fonctions vitales en Unité de Soins Intensifs Neurovasculaires ou en réanimation.

Quel que soit l’AVC, la rééducation doit débuter le plus tôt possible. Elle favorise la récupération, apprend au patient à utiliser le potentiel restant et prévient les complications, notamment articulaires. La récupération, très progressive, se fait par paliers sur plusieurs mois au mieux dans des centres de réadaptation spécialisée.

La prévention de la récidive des accidents vasculaires cérébraux repose sur :

  • le contrôle strict des facteurs de risque,
  • un traitement médicamenteux visant à diminuer le risque de formation de thrombus (traitement anti-thrombotique) qui dépend de la cause du premier infarctus cérébral,
  • et parfois un traitement chirurgical (endartériectomie) d’une lésion sévère d’athérosclérose qui rétrécit une artère carotide. L’endartériectomie consiste à enlever chirurgicalement la plaque d’athérosclérose qui est responsable du rétrécissement.

Il existe plusieurs types de traitements anti-thrombotiques. On distingue les anticoagulants (antivitamine K ou les nouveaux anticoagulants actifs par voie orale) qui sont généralement prescrits en cas de source cardiaque d’embolie (principalement la fibrillation auriculaire) et les antiagrégants plaquettaires (aspirine, ticlopidine, clopidogrel…) qui sont prescrits dans les autres cas. Par rapport aux antivitamines K, les nouveaux anticoagulants actifs par voie orale réduisent de moitié le risque d’hémorragie cérébrale. 

La prévention de la récidive des accidents vasculaires cérébraux hémorragiques repose sur l’arrêt des traitements anticoagulants, et le traitement très spécialisé des malformations vasculaires cérébrales dans les services de neuro-vasculaire et/ou de neurochirurgie.

 

Quelle est la surveillance après un AVC et qui peut m’aider ?

La vie après un AVC est à organiser selon différents axes:

  • la mise en place, le plus tôt possible, d’une rééducation destinée à traiter les déficits moteurs ou sensoriels et à faire reculer les troubles de la parole ;
  • la prévention des récidives en s’appuyant sur des traitements spécifiques et la correction de l’ensemble des facteurs de risque ;
  • en cas de récupération incomplète, la mise en œuvre d’aides personnalisées humaines ou techniques, ou si le maintien à domicile est impossible en particulier pour une personne âgée placement en établissement hébergeant des personnes âgées dépendantes.

Il existe une association nationale d’aide aux patients et aux familles de victimes d’AVC, « France AVC » dont les missions sont :

  • Apporter une aide et un soutien aux patients et aux familles de patients victimes d’AVC.
  • Informer le public, les pouvoirs publics et les médias sur les accidents vasculaires cérébraux.
  • Aider à la formation des médecins et des personnels paramédicaux.
  • Aider à la recherche sur les AVC.

France AVC propose sur son site Internet un livret d’autorééducation téléchargeable gratuitement, qui donne des informations très pratiques avec un programme d’exercices dans les suites d’un AVC.

Vous trouverez les adresses des antennes locales sur le site www.franceavc.com ou en appelant le 04.74.21.94.58

 

Références

Sources

Rédaction 

  • L’équipe Offre Prévention de la Mutualité Française
  • Dr Hervé Gallois, Cardiologue

 

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